Concilier FIRE et vie en banlieue

Si vous avez porté la moindre attention au nom de ce blogue, vous n’êtes pas sans savoir que je suis un fier habitant de la banlieue. En effet, j’ai quitté mon appartement montréalais en 2018 pour acheter une maison unifamiliale dans une couronne de la région métropolitaine. Mes buts : devenir propriétaire et obtenir une qualité de vie supérieure.

À première vue, il peut paraître contradictoire d’associer le mouvement FIRE et la vie en banlieue. En effet, ce mode de vie centré sur l’automobile, les espaces démesurés et l’entretien d’un terrain va à l’encontre du principe de sous-consommation. Beaucoup d’adeptes du mouvement rejettent catégoriquement ce modèle.

Avec du recul, aurais-je dû rester dans mon 3 1/2 en ville afin d’atteindre l’indépendance financière plus rapidement? Est-ce que j’ai succombé au rêve américain au détriment de FIRE?

L’échelle de frugalité

Comme n’importe quel mouvement social, les adeptes peuvent posséder un degré d’appartenance différent au mouvement selon leurs valeurs personnelles. C’est également le cas pour le frugalisme, étroitement lié à FIRE.

Je suis un fervent défenseur d’un équilibre confort / frugalité plutôt que tenter d’atteindre la frugalité absolue. Je considère que plusieurs de mes confrères et consoeurs actifs au sein du mouvement sont beaucoup plus agressifs que moi. Pour illustrer mon propos, imaginons un axe horizontal représentant le degré de frugalité d’un individu.

Complètement à gauche, nous avons le surconsommateur extrême, très endetté et qui n’est pas en mesure d’épargner. Celui-ci conduit un Chevrolet Silverado Denali de l’année, possède une maison-château à Brossard et est un des meilleurs clients du DIX30.

Complètement à droite, nous avons le frugalisme extrême, résidant dans un minuscule appartement en ville au coût de 450$ par mois, électricité inclus. Armé de sa carte OPUS, celui-ci affectionne les trains Azur du Métro de Montréal, consulte les circulaires chaque semaine et est capable de vivre avec un budget de moins de 10 000$ par année.

À noter que je ne veux pas donner l’impression de porter un jugement en décrivant ces personnages. En fait, mon protagoniste frugal est directement inspiré de ma vie alors que j’étais étudiant (oui, j’avais vraiment une obsession sur les trains Azur).

17 trains AZUR supplémentaires : une bonne nouvelle pour les clients de la  STM | Société de transport de Montréal
Je dois avouer, ils me manquent un peu

J’aurais pu continuer de vivre comme un étudiant et probablement atteindre l’indépendance financière en 5 ans. Par contre, je n’aurais eu aucune marge de manoeuvre pour effectuer des changements à ma vie.

De l’autre côté, je pourrais actuellement me faire financer une immense maison et un véhicule neuf. Par contre, je devrais travailler toute ma vie pour espérer atteindre la retraite à l’âge moyen de 65 ans. Vous vous en doutez, je n’ai absolument aucun intérêt à suivre cette voie. Je considère que ce serait un fardeau.

J’ai choisi de me placer quelque part entre les deux. J’ai surnommé ce mode de vie « le frugalisme de banlieue ». Il n’y a pas vraiment de secret, mais voici les astuces principales :

  • Acheter une maison modeste : Trouver une résidence de taille modérée qui coûte peu en électricité, entretien, assurances et taxes.
  • Posséder une voiture plus âgée et éviter les prêts automobiles : vous le savez, l’automobile est un gouffre financier.
  • Vivre près de son travail : pour éviter le trafic et payer le minimum en essence
  • Arrêter de se comparer avec les voisins : il a refait sa cuisine ? Son gazon est plus vert que le vôtre ? Ce n’est pas important.

C’est tout! Si vous appliquez ces points, vous êtes maintenant un banlieusard frugal. Votre première visite chez Costco ne saurait tarder! Blague à part, si j’avais à me placer sur l’échelle de frugalité en date du 18 décembre 2021, je me positionnerais environ ici :

7.5 sur 10 sur l'échelle de frugalité
Je pense être autour du 7.5 sur 10

Je pourrais définitivement couper certains luxes afin d’aller chercher des points supplémentaires. Parmi ceux-ci : le déneigement de mon entrée, les bouteilles de vin et la vitesse de mon forfait Internet. Cependant, le bien-être que j’en tire est supérieur à ma volonté d’avoir un score de 10/10 sur cette échelle. 😉

Choisir la banlieue pour devenir propriétaire

Vous êtes présentement locataire en ville et réfléchissez à déménager en banlieue pour devenir propriétaire? Vous n’êtes pas seuls.

On entend souvent parler à quel point il devient difficile d’acheter dans les grands centres urbains. On peut s’en plaindre comme on veut, mais la réalité est que ceci va seulement empirer au fil des années. Pour y remédier, je vous propose deux options :

  1. L’assumer et quitter la ville afin de devenir propriétaire le plus rapidement possible
  2. Vous lancer en politique pour tenter de corriger le problème

Je ne sais pas pour vous, mais je trouvais que la première option était plus facile… 😅 Si vous êtes toujours indécis, voici quelques arguments qui pourraient vous faire pencher vers la banlieue:

Le prix

Malgré la flambée des prix survenue depuis le début de la pandémie de COVID-19, les immeubles en banlieue demeurent plus abordables qu’en ville. Le ratio prix / superficie habitable est également beaucoup plus intéressant.

N’oubliez pas que le prix de l’immeuble a un impact significatif sur d’autres frais comme la taxe de mutation, les taxes municipales et les taxes scolaires.

Posséder un terrain

Avec les règles sur la densité des nouvelles constructions dans la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) dans le but de contrer l’étalement urbain, la disponibilité des maisons unifamiliales sur le territoire est destinée à devenir de plus en plus rare. En effet, comme la construction de condominiums et de maisons en rangées est nécessaire pour atteindre les cibles, l’offre des maisons détachées avec terrain risque de diminuer année après année.

Plus la population augmentera, plus nous devrons densifier. Posséder un terrain devient tranquillement un luxe et les familles recherchent ardemment ce type de propriété. Dans cette optique, j’ai choisi un quartier avec des arbres matures et un terrain modeste qui est très facile à entretenir.

N.B : je suis 100% en faveur de ces règles de densité. Le développement de type « banlieue américaine » est un cauchemar pour l’environnement et une aberration lorsqu’on se compare avec le reste du monde. Je suis coupable !

L’âge moyen des immeubles

Beaucoup d’immeubles sur l’île de Montréal ont été construits entre les années 1940 et 1970. Plusieurs d’entre eux sont dans un état vétuste et ont besoin de rénovations majeures, ce qui fait exploser les coûts de possession et les risques. À l’inverse, la plupart des quartiers en banlieue sont plus récents.

Saviez-vous que tous les immeubles construits avant les années 1990 sont à risque de présence d’amiante dans l’isolation? Si vous êtes l’heureux gagnant de ce vice, le coût de décontamination est très salé. D’ailleurs, l’émission La Facture a présenté un cas complexe cette semaine. En acquérant un immeuble construit après 1995, vous achetez la paix d’esprit sur ce point.

Les Plex

Les plex existent aussi en banlieue ! Et croyez-moi, les loyers sont tout aussi élevés qu’à Montréal dans les unités plus récentes. J’ai vu des 4 1/2 annoncés à 1200$ dans mon coin. C’est plus que mon budget total en habitation !

Avant d’envisager l’achat d’un triplex au coût d’un million de dollars à Montréal, regardez un peu les annonces dans les villes environnantes. Vous pourriez économiser gros, acquérir un immeuble beaucoup plus récent qui sera plus facile à entretenir, posséder un terrain et avoir un grand stationnement. Cela peut être une stratégie très intéressante et plus profitable qu’en ville.

Raisons personnelles

Je souhaite quand même exposer quelques arguments supplémentaires qui m’ont poussé à devenir propriétaire et choisir la banlieue:

Sur le plan financier

  • Déjouer l’inflation (ne plus subir de hausses de loyer)
  • Diversifier mes actifs
  • Taxes beaucoup moins élevées dans certaines villes
  • Utiliser la maison comme levier financier pour d’autres investissements

Sur le plan personnel

  • Tranquillité et silence
  • Proximité de la nature et des grands espaces
  • Liberté quasi totale (d’adopter un animal, de mettre sa musique au max, etc.)
  • Accès à une cour extérieure privée
  • Stationnement et garage privés

Si pour vous, qualité de vie se résume plutôt à la proximité des évènements culturels, des transports en commun et des commerces artisanaux, alors la banlieue n’est pas faite pour vous. À chacun son compte ! 🙂

Conclusion

Je trouvais qu’il y avait peu d’exemples de mon style de vie parmi les adeptes du mouvement. Beaucoup adoptent plutôt un style minimaliste ou nomade qui me rejoint un peu moins. Pourtant, la banlieue est tout à fait compatible avec un projet d’indépendance financière. Je vous invite à consulter mon budget pour en tirer vos propres conclusions.

Comme n’importe quoi avec le mouvement FIRE, tout est une question de choix logiques, de discipline et de détermination. En maîtrisant ces trois aspects, vous serez capable d’optimiser vos dépenses tout en profitant d’un confort optimal.

Peu importe où vous vous situez géographiquement et peu importe votre position sur l’échelle de frugalité, je pense que l’important est de trouver l’équilibre qui fera en sorte que vous serez heureux dans votre mode de vie. Épargner et investir devient drôlement plus facile lorsque l’on vit dans un environnement sain, non?

Et vous, où croyez-vous vous situer sur l’échelle de frugalité?

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.